Les différentes Salsa :

La Salsa Portoricaine :

La salsa dite portoricaine se danse en ligne, avec un pas de base avant arrière.
Plus « élaborée » que la cubaine, elle se caractérise par des techniques précises de guidage, de tours et de shines (jeux de jambes) offrant des possibilités de variations et d’improvisation infinies conférant à cette danse une grande richesse.

On peut diviser la Salsa Portoricaine en deux styles caractéristiques :

Le style Los Angeles, dansé sur le premier temps(on danse alors sur la mélodie), très démonstratif avec de nombreuses portées et acrobaties.

Le New York Style, c’est le style originel de la salsa telle qu’elle a été inventée et codifiée(la Salsa vient de New York) ; c’est ce style qui est le plus dansé au niveau international.

Il se danse sur le deuxième ou sixième temps(on danse alors sur les congas), plus fin subtil et musical que le style LA ; La technique bien réelle est laissée en arrière plan au profit de l’expression personnelle, du style et de la musicalité.

La Salsa Cubaine :

Populaire et facile d’accès, la salsa cubaine est plus élaborée que la colombienne ; les techniques et combinaisons restent simples.

Le Casino se caractérise par la « Rueda de Casino », ronde de couples effectuant les mêmes combinaisons simultanément sur annonces d’un meneur.

La Salsa Colombienne :

Le pas de base est sautillé, les « passes » sont quasiment inexistantes.

Elle se caractérise par des jeux de jambes rapides et répétitifs tout du long de la danse.

Histoire de la Salsa :

(Par Tristan COURTIN)

Introduction :

En écrivant ces quelques lignes, mon souhait premier est de fournir quelques éléments aux personnes désireuses de découvrir le chemin qui a conduit à ce que l’on appelle aujourd’hui Salsa mais aussi de rompre avec les idées reçues telle « Salsa = Cuba », fausses et réductrices ; Il serait à ce titre beaucoup plus juste de faire l’ amalgame Salsa-NewYork, mais tout aussi réducteur ! Une vision plus juste, dans un premier temps, serait de dire que la Salsa est une forme de musique et de danse, d’ origine cubaine, née à New-York et façonnée par les portoricains. En effet l’ histoire de la Salsa se joue entre Cuba, Portorico et New-York. C’est à la fois une histoire de peuples, d’immigration, de politique, de conditions sociales, d’hommes et…d’argent… D’ou une certaine complexité. Aussi m’ efforcerais-je dans la suite de faire transparaître ces dimensions sans pour autant rentrer dans un exposé trop détaillé et rébarbatif. Que les spécialistes soient indulgents ; il ne s’ agit là que d’ une petite initiation dont la prétention ne dépasse pas les quelques lignes qui lui sont consacrées !…

Des années 20 aux années 60 :

Je commencerais mon petit tour d’ horizon dans les années 20 à partir desquelles les maisons de productions américaines ont commencé à exporter les musiques cubaines à l’etranger.

Rappelons le riche chaudron culturel qui a vu fondre les rythmes espagnols, francais, et africains engendrant, dès le début du XVI siècleà Cuba, des genres musicaux nouveaux.
Essentiellement portés par les musiciens noirs qui en dépit de l’ esclavage et des diverses répressions furent très créatifs, ces nouveaux genres vont de pairs avec des instruments métis qui ne sont plus ni africains ni européens, tels le tres, la conga, les bongos, les timbales.

Au début des années 20 le Danzon, genre musical très populaire à Cuba issu de la Contredanse(fin du XVIIIème) voit arriver à la Havane un nouveau genre musical afro hispanique, apparu en Oriente à la fin du XIXème siècle: le Son. Les instruments utilisés pour le jouer étant peu onéreux(en comparaison des orchestres de Danzon), les musiciens l’ adoptent avec enthousiasme.
D’ abord considéré comme vulgaire il conquis rapidement un large public à Cuba puis à l’etranger, porté dans les années 30 par les maisons de disques américaines.

Parallèlement, de nombreux portoricains immigrent à NewYork auxquels s’ ajoutent des cubains créant ainsi une importante communauté latino essentiellement regroupée dans le quartier « El Barrio ». Plusieurs clubs latins voient alors le jour à Manathan mais la musique latino, identitaire, boudée par les producteurs anglosaxons reste très communautaire.

En 1935 les frères cubains Orestes et Cachao Lopez, soucieux de moderniser le Danzon introduisent dans la structure du morceau un cours passage consistant en rifs soutenus par la cloche : le mambo.

De nombreux compositeurs s’ inspirent de ce nuevo ritmo mais ce n’est qu’au début des années 50 que Perez Prado élabora le Mambo comme genre musical distinct, employant des éléments de jazz et de variétés dans ses compositions : La fievre du mambo est née.Vehiculée notamment par le groupe Newyorkais « The Afrocubans » et Tito Puente dont les arrangements sont de plus en plus sophistiqués, le Mambo fait fureur aux Etats Unis et dans le monde entier.

« The Afrocubans » maintiennent des liens permanents et importants avec les Jazzmens afroamericains développant ainsi le LatinJazz et l’ introduction des percussions cubaines dans la musique américaine.

C’ est aussi à cette époque(1952) qu’apparait le Cha Cha Cha, onomatopée qui aurait été improvisée par les coeurs de l »Orchesta America » lors d’un mambo lent, donnant ainsi naissance à un nouveau genre mucical qui sera d’ ailleurs détrôné quelques années plus tard par la Pachanga qui débarque à NewYork au cours de l’été 60.

Des années 60 à nos jours :

En 1959, la révolution Castriste marque un tournant important dans l’histoire des musiques latinoamericaines : exils de nombreux artistes cubains aux Etats Unis, Portorico, et dans une moindre mesure en Europe, rupture des échanges entre Les Etats Unis et Cuba. Dés lors les évolutions de la musique cubaine resteront confinées au sein de l’île et il faudra attendre le boom commercial des années 90 pour que le monde découvre ou redécouvre la musique cubaine. Cela se fera du côté des musiques traditionnelles, notamment le Son et le Boléro au travers d’interprètes cubains agés tels que Compay Secundo, Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzales…, supermediatisés par le fameux Buena Vista Social Club(1996) qui dépassa le million d’unité vendu dans le monde.

A New York, la musique latine, en quête d’ inspiration et confrontée aux succès grandissant des Beatles et autres groupes anglosaxons, se tourne alors vers la Popmusic et la Soulmusic donnant ainsi naissance au Boogaloo et au Shing a Ling(années 60).

Après la vogue du Boogaloo, les musiciens latins, portés par les courants de revendications politiques et sociales(n’ oublions pas que la communauté « latino » de New York est des plus défavorisée), reviennent alors à des genres plus typiquement cubains et portoricains(notamment la Plena et la Bomba de Portorico) : La Salsa, dont les graines avaient été plantées lors des jamsessions(grandes rencontres musicales entre les musiciens vedettes de l’époque) organisées au milieu des années 60 par l’hegémonique label Fania, fleurit à la fin des années 60 à NewYork.
L’ossature de la Salsa est cubaine mais son public et ses interprètes sont en majorité portoricains.

Cette mixture diabolique, portée par la Fania, va faire des millions d’adeptes convertis lors des grandes messes que sont les shows de la Fania All Stars, reunissant parfois sur scène plus de 30 vedettes, et posera pied dans toute l’Amérique latine, l’Afrique, l’Europe, et, le Japon !…

Actuellement la Salsa connait un vif interêt dans le monde entier et loin d’être une mode, cette musique et cette danse, de part leur richesse culturelle et musicale, garderons à mon avis toujours une place importante sur la scène internationnale.

Conclusion :

C’est une succession de circonstances socio-politico-économiques mais aussi de grands talents de la musique qui on conduit à l’emergence, à la fin des années 60, à New York, de la Salsa comme genre musical distinct. De part sa nature, elle englobe une sphère difficile à circoncire mais l’on se méfiera malgré tout des amalgames faux et réducteurs, parfois à but lucratif, parfois par ignorance,parfois (souvent) les deux.